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Le Panthéon Paris

OLYMPE DE GOUGES AU PANTHÉON

Venez le lundi 3 novembre 2014 
à 15 heures devant le Panthéon!

 

Après la mobilisation, l’an dernier, pour Olympe de Gouges, un collectif se met en place autour de l’historienne Catherine Marand-Fouquet, à l’initiative de cette action dès 1989.

Rendez-vous, le lundi 3 novembre 2014 
à 15 heures devant le Panthéon,

 

avec au moins autant de monde qu’en 1993. Et cette fois encore, Catherine Marand- Fouquet suggère de venir avec une fleur en signe de ralliement. Cette initiative sera renouvelée chaque année, jusqu’à la victoire.

 

Les rendez-vous de l'histoire

« Nul n’est parfait » ?


 

A propos du discours prononcé à Blois par Mme Najat Vallaud-Belkacem,
ministre de l’Education nationale, le 10 octobre 2014.

Quand les politiques veulent instrumentaliser ou récupérer les personnages historiques à leur profit, il est rare qu’ils ne disent pas de bêtises. Ainsi récemment, on a entendu une Ministre de l’Education nationale énoncer froidement aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois, qu’Olympe de Gouges était « royaliste » (ajoutant : « nul n’est parfait »). De quel « royalisme » parle-t-elle ? Chacun sait que ce mot a deux sens antagonistes : monarchie constitutionnelle ? Monarchie absolue ? Mystère. Olympe de Gouges a tourné le dos au royalisme dès 1789 et elle a prouvé, dans ses écrits que je recommande à Mme Vallaud-Belkacem, qu’elle ne cessa jamais d’être une démocrate exemplaire attachée à la Déclaration des droits de l’Homme. Par ailleurs, elle a été condamnée puis décapitée sous la Terreur comme complice des députés Girondins qui, tels Vergniaud, Buzot, Mercier et Barbaroux, étaient de grands républicains, respectueux des valeurs qui fondent la République (Etat de droit, liberté de la presse, transparence financière des élus, etc.). Il faut aussi souligner que c’est aux Girondins humanistes, démocrates exemplaires et véritables pionniers des droits humains dès 1788  (tels Villette, Lanjuinais, Guyomar, Pétion, Brissot, Condorcet et Olympe de Gouges, etc. ), que l’on doit les plus beaux textes de défense des droits des Noirs esclaves dans les colonies et des femmes. Malheureusement, comme souvent, l’ignorance, l’aveuglement idéologique, le suivisme moutonnier aussi, favorisent les imputations mensongères, et à terme le révisionnisme historique. Enfin, une Ministre de l’Education qui se trompe – y compris dans le texte de son discours où elle dit s’exprimer « en temps » (et non « en tant ») que Ministre, peut-elle se prévaloir de l’expression qu’elle applique à Olympe de Gouges : « Nul n’est parfait » ?

par Olivier Blanc, historien

Olympe de Gouges
aquarelle anonyme
(Musée du Louvre)

Les portraits authentiques d’Olympe de Gouges

Il existe trois représentations véritablement authentiques d’Olympe de Gouges :
Deux portraits originaux décrits ci-dessous,
et une gravure de Frussotte d’après un dessin réalisé par Desrais.

 "Remarques patriotiques" brochure 1788

« Remarques patriotiques »
brochure 1788

 

Cette dernière œuvre, qui figure en tête de la brochure d’Olympe intitulée Remarques patriotiques date du mois de septembre 1788 et fut commandée par Olympe elle-même, ayant apprécié la très belle gravure d’après Desrais intitulée La promenade au Palais-Royal qui venait d’être publiée. Elle s’est fait représenter offrant sa brochure à Louis XVI et Marie-Antoinette, vêtue d’une robe soulignant sa taille svelte et coiffée à la mode de 1788, les cheveux poudrés et relevés sur le front avec deux rouleaux posés au creux des épaules.

Olympe de Gouges aquarelle anonyme (Musée du Louvre)

Olympe de Gouges
aquarelle anonyme
(Musée du Louvre)

Olympe de Gouges pastel A.Kucharski (coll.part.)

Olympe de Gouges
pastel A.Kucharski
(coll.part.)

Même coiffure dans le dessin (collection Soulavie, musée du  Louvre) et dans le pastel (collection particulière) qui furent réalisés à des époques très proches. Les traits sont reconnaissables dans les  trois œuvres : visage rond et traits réguliers, coiffure identique. Sur le dessin, sans doute une  œuvre préparatoire à un probable portrait en pied à l’huile, le visage n’est qu’esquissé. Sur le  pastel ( attribution ancienne à Kucharski), les traits sont en revanche bien dessinés et le visage  agréable, conforme aux descriptions que l’on a d’Olympe de Gouges, une femme « belle » voire  « superbe », que ce soit dans les Mémoires secrets, dans  poème du baron Pierre de La Montagne  (Œuvres) ou du chevalier de Cubières (Epître à Marie-Olympe de Gouges), dans les commentaires du Journal de Mme Eloffe ou de la Correspondance du baron de Grimm.

Musée Carnavalet

Anonyme
aquarelle Musée Carnavalet

 

En revanche une huile sur toile de l’entourage de Prud’hon qui représente une « jeune femme au nœud  rose » et non pas Olympe de Gouges, a été vendue aux enchères à Drouot chez Tajan le 24 juin 2002.  Or ce portrait néoclassique, réalisé au début du XIXe siècle, conservé dans son cadre en bois doré  estampillé « J. Allaire »  (47/38,5), a eu une version préparatoire à la pierre noire sur papier bleu  conservée au musée Carnavalet. Et ce dessin, légué en 1912 à Carnavalet, a été abusivement décrit par  son ancien propriétaire (le docteur Legras, médecin du dépôt), comme portrait de Marie-Olympe  Aubry des Gouges, avec la date improbable de 1784 qui ne correspond pas au style du dessin.  La  conservation du musée Carnavalet s’est donc, à raison, toujours montrée plus que réservée sur cette identification suspecte et n’a jamais exposé ce dessin en salle.

 

Biblio : Olivier Blanc, Olympe de Gouges. Des droits de la femme à la guillotine, Paris, Tallandier, 2014, p.50-51.