Tag Kucharski

Olympe de Gouges
aquarelle anonyme
(Musée du Louvre)

Les portraits authentiques d’Olympe de Gouges

Il existe trois représentations véritablement authentiques d’Olympe de Gouges :
Deux portraits originaux décrits ci-dessous,
et une gravure de Frussotte d’après un dessin réalisé par Desrais.

 "Remarques patriotiques" brochure 1788

« Remarques patriotiques »
brochure 1788

 

Cette dernière œuvre, qui figure en tête de la brochure d’Olympe intitulée Remarques patriotiques date du mois de septembre 1788 et fut commandée par Olympe elle-même, ayant apprécié la très belle gravure d’après Desrais intitulée La promenade au Palais-Royal qui venait d’être publiée. Elle s’est fait représenter offrant sa brochure à Louis XVI et Marie-Antoinette, vêtue d’une robe soulignant sa taille svelte et coiffée à la mode de 1788, les cheveux poudrés et relevés sur le front avec deux rouleaux posés au creux des épaules.

Olympe de Gouges aquarelle anonyme (Musée du Louvre)

Olympe de Gouges
aquarelle anonyme
(Musée du Louvre)

Olympe de Gouges pastel A.Kucharski (coll.part.)

Olympe de Gouges
pastel A.Kucharski
(coll.part.)

Même coiffure dans le dessin (collection Soulavie, musée du  Louvre) et dans le pastel (collection particulière) qui furent réalisés à des époques très proches. Les traits sont reconnaissables dans les  trois œuvres : visage rond et traits réguliers, coiffure identique. Sur le dessin, sans doute une  œuvre préparatoire à un probable portrait en pied à l’huile, le visage n’est qu’esquissé. Sur le  pastel ( attribution ancienne à Kucharski), les traits sont en revanche bien dessinés et le visage  agréable, conforme aux descriptions que l’on a d’Olympe de Gouges, une femme « belle » voire  « superbe », que ce soit dans les Mémoires secrets, dans  poème du baron Pierre de La Montagne  (Œuvres) ou du chevalier de Cubières (Epître à Marie-Olympe de Gouges), dans les commentaires du Journal de Mme Eloffe ou de la Correspondance du baron de Grimm.

Musée Carnavalet

Anonyme
aquarelle Musée Carnavalet

 

En revanche une huile sur toile de l’entourage de Prud’hon qui représente une « jeune femme au nœud  rose » et non pas Olympe de Gouges, a été vendue aux enchères à Drouot chez Tajan le 24 juin 2002.  Or ce portrait néoclassique, réalisé au début du XIXe siècle, conservé dans son cadre en bois doré  estampillé « J. Allaire »  (47/38,5), a eu une version préparatoire à la pierre noire sur papier bleu  conservée au musée Carnavalet. Et ce dessin, légué en 1912 à Carnavalet, a été abusivement décrit par  son ancien propriétaire (le docteur Legras, médecin du dépôt), comme portrait de Marie-Olympe  Aubry des Gouges, avec la date improbable de 1784 qui ne correspond pas au style du dessin.  La  conservation du musée Carnavalet s’est donc, à raison, toujours montrée plus que réservée sur cette identification suspecte et n’a jamais exposé ce dessin en salle.

 

Biblio : Olivier Blanc, Olympe de Gouges. Des droits de la femme à la guillotine, Paris, Tallandier, 2014, p.50-51.